DI box active ou passive : laquelle choisir ?
Pour choisir une DI box active ou passive, regardez l'instrument que vous branchez. Choisissez une DI active s'il a des micros passifs, sans pile ni préampli : une basse passive ou une guitare électro-acoustique à capteur piézo passif, par exemple. Prenez une DI passive pour une source qui sort déjà à niveau ligne ou par un préampli : clavier, synthé, ordinateur, multi-effet, basse active. Si une seule boîte doit tout brancher, l'active équipée d'un atténuateur est la plus polyvalente.
À quoi sert une boîte de direct
Une basse ou une guitare électro-acoustique se branchent sur un ampli posé à deux pas, avec un câble jack asymétrique. Une console placée au fond de la salle attend un signal symétrique, au niveau d'un micro, qui voyage en XLR sur toute cette distance sans capter de parasites. La DI box fait le pont. Elle abaisse l'impédance du signal et le rend symétrique. La plupart des modèles ajoutent un ground lift contre les ronflements.
Active et passive font ce même travail. Elles diffèrent par la façon de le faire, et donc par les sources qu'elles acceptent sans abîmer le son.
Tout part de l'impédance de la source
Un micro de basse ou de guitare passif délivre un signal faible sous une impédance élevée. Pour sonner comme prévu, il doit attaquer une entrée d'impédance bien plus élevée que la sienne. Face à une entrée trop basse, il est chargé : il perd du niveau et sa couleur change.
Micros magnétiques
Une basse passive chargée par une entrée trop basse perd ses aigus et son attaque. Elle sonne terne, comme si quelqu'un avait refermé le potentiomètre de tonalité.
Capteur piézo
Le piézo d'une guitare électro-acoustique ou d'un violon souffre dans l'autre sens. Sur une entrée inadaptée, il perd ses graves, et le son devient fin et pincé. Il lui faut une impédance d'entrée très élevée.
L'électronique d'une DI active offre une impédance d'entrée de l'ordre du mégohm, parfois davantage, qui convient aux deux. Le transformateur d'une DI passive présente une impédance plus basse. Avec un clavier ou un ordinateur, dont la sortie a une impédance faible, cette différence ne compte plus.
La DI active : pour les sources passives
Son électronique a besoin de courant. Selon les modèles, il vient d'une pile, d'un bloc secteur ou de l'alimentation fantôme 48 V, fournie par la console à travers le cordon micro. La DI active de notre rayon fonctionne sur la fantôme. Si la voie reste silencieuse au moment des balances, regardez d'abord le bouton 48 V de la tranche. Sur beaucoup de petites consoles, un seul bouton l'envoie à toutes les entrées micro ; les micros dynamiques branchés en XLR le supportent sans souci.
Un signal très fort, celui d'un clavier poussé à fond par exemple, peut saturer son électronique. Enclenchez alors l'atténuateur de la boîte, le pad, quand elle en a un.
Les cas où elle s'impose :
- basse à micros passifs ;
- guitare électro-acoustique ou contrebasse à capteur piézo sans préampli ;
- piano électrique à micros passifs ;
- guitare électrique enregistrée en direct, pour la repasser plus tard dans un ampli.
Pour le son de l'ampli guitare sur scène, on place plutôt un micro dynamique devant le baffle, comme ceux du rayon micros batterie et instruments.
La DI passive : pour les claviers et les machines
Pas de pile, pas de 48 V : une DI passive fonctionne dès qu'elle est branchée. Son transformateur sépare électriquement l'instrument de la console. Quand la source dispose de sa propre alimentation secteur, cette séparation aide à éviter le ronflement de boucle de masse. Un ordinateur portable branché sur son chargeur en est l'exemple type. La DI passive accepte aussi sans broncher les niveaux élevés d'un clavier.
Sa limite, ce sont les sources faibles. Sur une basse passive, elle charge les micros. Comme elle n'apporte aucun gain, il faut ensuite monter le préampli de la console, et le souffle monte avec.
Les cas où elle suffit :
- clavier ou synthé ;
- ordinateur, carte son, boîte à rythmes ou lecteur ;
- basse active ou guitare électro-acoustique équipée d'un préampli ;
- multi-effet ou simulateur d'ampli à sortie ligne.
Deux pièges au branchement
Le clavier stéréo
Un clavier stéréo sort sur deux jacks, et chacun demande sa boîte, ou une DI double, puis sa voie sur la console. Si vous n'avez qu'une boîte, branchez-la sur la sortie marquée « L/Mono » quand le clavier en possède une : il y envoie alors un mélange des deux côtés.
La saturation au mauvais endroit
Quand le son sature, le premier réflexe est de baisser le gain de la console. Si c'est la boîte qui sature, ce réglage ne change rien : la distorsion est déjà dans le signal. Enclenchez le pad de la DI, ou baissez le volume de l'instrument, puis remontez le gain de la console.
Équiper une scène
Pour un groupe, le plus simple est d'avoir les deux familles dans la caisse : une DI active par instrument à micros passifs, des passives pour les claviers et les machines. Face à une source inconnue, l'active équipée d'un pad reste le choix le moins risqué, puisqu'elle accepte aussi un signal de niveau ligne.
Pour choisir la vôtre selon l'instrument à brancher, parcourez les boîtes de direct du rayon matériel de sono et de scène. Les autres maillons entre la scène et la façade, retour in-ear et filtres actifs, s'y trouvent aussi.