In-ear monitor : comment fonctionne le retour intra-auriculaire
Un in-ear monitor remplace le retour posé au sol par des écouteurs placés dans vos oreilles. La console prépare un mixage pour vous, un émetteur l'envoie par radio, un récepteur accroché à votre ceinture le capte, et vos écouteurs vous le restituent. Ceux-ci ferment le conduit auditif : vous entendez votre mix sans devoir couvrir la batterie et les amplis.
Comment ça marche, de la console à vos oreilles
À la console
L'ingénieur du son, ou vous-même sur une petite console, compose votre mixage sur un départ auxiliaire. Ce départ se règle en pré-fader : quand la guitare baisse dans la salle, elle reste au même niveau dans vos oreilles. Pour un mix stéréo, il faut deux départs, un par oreille.
À l'émetteur
L'émetteur reçoit ce mixage à niveau ligne, en général sur des prises XLR ou jack. Il le diffuse sur une fréquence radio, et tous les récepteurs réglés dessus le captent. Deux musiciens qui veulent la même écoute peuvent donc partager un émetteur, chacun avec son récepteur. Dès que les besoins diffèrent, il faut un émetteur de plus.
Au récepteur de ceinture
Le récepteur capte le signal et le sort sur une prise mini-jack 3,5 mm. Il porte le volume et, selon les modèles, un réglage de balance. En stéréo, la balance déplace l'image entre gauche et droite. En mono à deux entrées, elle dose le mélange des deux signaux : votre voix sur l'une, le groupe sur l'autre. Vous ajustez ainsi votre écoute pendant le morceau, sans faire signe à la régie.
Dans les écouteurs
Côté écouteurs, tout se joue sur l'étanchéité. Un embout de la bonne taille bloque le bruit de scène et donne le grave. S'il bâille, vous perdez les deux, et le volume finit par grimper au niveau d'un retour au sol. Gardez la même taille plusieurs répétitions avant de conclure, ou faites réaliser des embouts moulés d'après une empreinte de votre oreille, chez un audioprothésiste. Nos écouteurs intra-auriculaires filaires se branchent sur le mini-jack du récepteur.
Ce que vous gagnez
Sans retours au sol, le volume sur scène baisse et le larsen se fait rare, puisqu'aucun haut-parleur ne vise plus les micros. Le son de la salle gagne en clarté, car le bruit des retours ne s'y mélange plus.
Votre écoute ne dépend plus de votre place : vous entendez le même mix au bord de la scène et derrière la batterie. Un chanteur s'entend sans forcer sa voix. Et à volume raisonnable, vos oreilles encaissent moins qu'à côté d'un retour poussé à fond.
Ce qui surprend au début
La sensation d'isolement
Les intras bouchent les oreilles, et c'est voulu. En contrepartie, vous entendez mal la salle : le public chante, et il vous parvient à peine. Pour retrouver l'ambiance, placez un ou deux micros tournés vers le public et mélangez-les à votre retour, en les montant entre les morceaux.
L'écouteur retiré
Quand vous vous sentez coupé de la salle, le réflexe est de retirer un écouteur. Mauvaise idée : l'oreille libre prend tout le bruit de scène, et vous montez le volume dans l'autre pour suivre. Vous perdez au passage l'écoute stéréo. Réglez plutôt les micros d'ambiance.
Le retard du numérique
Un système numérique, comme les liaisons en 2,4 GHz, met un court instant à coder puis décoder le son. Le chanteur y est le plus sensible, parce qu'il entend aussi sa voix de l'intérieur, par les os du crâne. Si ce retard s'ajoute à celui d'une console numérique, sa voix peut sonner creuse. Une liaison UHF analogique n'ajoute pas ce délai. Quand la fiche indique la latence, comparez-la.
Choisir son système
Avant d'acheter, comptez les mixages dont la scène a besoin, puisque chacun demande son émetteur. Choisissez ensuite la bande. L'UHF passe mieux à travers une scène chargée de musiciens et de matériel. Le 2,4 GHz partage ses fréquences avec le Wi-Fi et les téléphones du public. En France, vérifiez que la plage de fréquences du système est autorisée avant de l'utiliser. Le rayon sono et scène reprend ces critères pour les systèmes in-ear sans fil.
Et en filaire ?
Un batteur ou un claviériste qui reste à sa place peut se passer de la radio. Ses intras se branchent alors sur un ampli casque relié au départ auxiliaire, avec un câble assez long pour jouer à l'aise. Le principe d'écoute ne change pas, et vous n'avez ni fréquence à gérer ni piles à surveiller.
Construire son mix
Partez de presque rien. Mettez d'abord votre voix ou votre instrument, puis ce qui vous donne le tempo : la grosse caisse et la basse, ou le clic si le groupe en utilise un. N'ajoutez le reste que s'il vous aide à jouer. Plus le mix est chargé, plus vous montez le volume pour distinguer chaque partie. En stéréo, écartez les instruments à gauche et à droite : chacun trouve sa place, et vous les entendez à un volume plus bas.
Mettez vos écouteurs avec le volume du récepteur à zéro, puis montez-le une fois le groupe lancé. Si votre système propose un limiteur, activez-le. Et partez au concert avec des piles neuves ou une batterie chargée dans le récepteur.
Pour monter votre retour, un système in-ear sans fil associe un émetteur à brancher sur la console et un récepteur de ceinture. Vous le trouverez au rayon sono et scène, avec le reste du matériel qui relie la scène à la façade.